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FEMMES, 2024

Femme, Vie, Liberté. Ce nouveau corpus de Sayeh Sarfaraz incarne avec sensibilité ce slogan politique affirmé une première fois en 2006 puis repris par le mouvement iranien suivant la mort tragique de Mahsa Amini en septembre 2022. En rendant ici hommage à toutes ces femmes persécutées par le régime islamique et la dictature qui sévit toujours, Sarfaraz continue de dévoiler le côté lumineux de son héritage culturel perse pour dénoncer le système répressif qu’elle a dû elle-même fuir. Utilisant ses créations comme un acte de résistance tourné vers l’espoir d’un meilleur avenir, elle révèle avec ce projet les couleurs vibrantes d’une culture riche et bienveillante où les femmes y étaient autrefois bien vivantes. 

Puisant dans le legs des Kachkais, plus grand peuple nomade de la planète à ce jour réputé pour l’art du tissage et la qualité exceptionnelle des tapis persans depuis le XI siècle, Sarfaraz aborde autant la résilience des femmes iraniennes que son propre exil. Par le biais d’une iconographie traditionnelle dépeinte avec une délicate nostalgie, elle navigue sans cesse entre les dimensions politiques et symboliques de ses sujets.   

Femme, Vie, Liberté. À l’instar de cette parole vive, scandée haut et fort, les femmes s’affirment en s’invitant au cœur de l’œuvre. Les formats s’agrandissent, les aplats colorés s’étendent et les motifs propres au vocabulaire formel de l’artiste prennent de l’expansion. Ainsi, Sarfaraz éclate sa fine technique du dessin au profit de la peinture et élargit son geste, son support et sa palette pour exprimer son sujet avec plus d’amplitude autant dans ses compositions que dans l’espace. En réponse à l’oppression, ses Femmes s’émancipent, répondent présentes et (re) prennent leur place. Toute la place.

Sarfaraz renverse l’effacement de l’identité féminine en injectant force et lumière à ces portraits qui prennent corps dans l’œuvre en révélant la beauté d’une culture qui fut jadis radieuse. Ainsi, les trésors chatoyants, les bijoux flamboyants, les jardins suspendus et les couleurs vives partout, tout le temps, entourent et élèvent ces femmes fières parées de dorures et d’étoffes précieuses appartenant aux jours heureux. Ces femmes, nos mères, amies, cousines, tantes et voisines redeviennent visibles même sans regard, et nous font face avec assurance sans se retourner. Malgré cette présence trouble, qui oscille entre le rappel de l’horreur et un enchantement retrouvé, elles apparaissent aussi envoutantes qu’enveloppantes et semblent vouloir nous protéger. Femme, Vie, Liberté. Ces nouvelles icônes annoncent ici leur essence pour résonner avec puissance à travers le monde entier.

 

Karine Larocque

WOMAN, 2024

 

Woman, Life, Freedom. This new body of work by Sayeh Sarfaraz sensitively embodies the political slogan first asserted in 2006 and then echoed by the Iranian movement following the tragic death of Mahsa Amini in September 2022. By paying homage here to all the women persecuted by the Islamic regime and the ongoing dictatorship, Sarfaraz continues to unveil the bright side of her Persian cultural heritage to denounce the repressive system she herself had to flee. Using her creations as acts of resistance turned towards the hope of a better future, she reveals with this project the vibrant colors of a rich and benevolent culture where women were once very much alive.

 

Drawing from the legacy of the Kachkai people, the largest nomadic people on the planet known for the art of weaving and the exceptional quality of Persian carpets since the 11th century, Sarfaraz addresses both the resilience of Iranian women and her own exile. Through traditional iconography depicted with delicate nostalgia, she constantly navigates between the political and symbolic dimensions of her subjects.

Woman, Life, Freedom. Like this vibrant statement, loudly and clearly proclaimed, women assert themselves by stepping into the heart of the artwork. Formats expand, colorful flat areas spread, and motifs unique to the artist's formal vocabulary expand. Thus, Sarfaraz bursts her fine drawing technique in favor of painting and broadens her gesture, her support, and her palette to express her subject with more amplitude both in her compositions and in space. In response to oppression, her Women emancipate themselves, stand up, and (re) take their place. All of it.

Sarfaraz reverses the erasure of feminine identity by injecting strength and light into these portraits, which take shape in the work by revealing the beauty of a culture that was once radiant. Thus, the vibrant treasures, the flamboyant jewels, the hanging gardens, and the vivid colors everywhere, all the time, surround and elevate these proud women adorned with gold and precious fabrics belonging to happier days. These women, our mothers, friends, cousins, aunts, and neighbors become visible again even without being seen, and they confront us with confidence without looking back. Despite this troubled presence, oscillating between the reminder of horror and a rediscovered enchantment, they appear as captivating as they are enveloping and seem to want to protect us. Woman, Life, Freedom. These new icons announce their essence here to resonate powerfully throughout the world.

 

Text by Karine Larocque

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